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A louer : 20 000 m2 centre ville !
Douze ans après sa fermeture, le superbe Grand Palais renaît dans de nouvelles fondations et une nouvelle verrière prête à accueillir sous ses sublimes dentelles d’acier des manifestations culturelles et commerciales dont personne ne se risque à annoncer aujourd’hui la programmation. En concurrence avec le Petit Palais situé sur le trottoir d’en face, propriété de la Ville de Paris, l’Etat veut aller vite. Pas question de se faire coiffer au poteau par Bertrand Delanoë, d’autant que le Grand Palais constitue de l’avis de tous les spécialistes une aventure humaine hors normes. Visite guidée en avant-première, en attendant les Journées du patrimoine (16 et 17 septembre 2005) qui vous donneront l’occasion de visiter l’un des plus beaux bâtiments de France.
Même si Le Corbusier a voulu le faire détruire plusieurs fois, si son décor très Belle Epoque évoque pour beaucoup le style pompier des années 1900, si on lui a longtemps reproché son atmosphère glaciale l’hiver et caniculaire l’été, et que son état inquiétant de vétusté avait fait craindre pour sa survie (rappelons l’épisode du rivet tombé de 35 mètres de haut en 1993 et qui avait entraîné la fermeture du bâtiment, ou encore les poteaux endommagés par l’urine des chevaux présents lors des courses organisées dans les années 60), on ne peut aujourd’hui que s’extasier devant le formidable travail de restauration qui vient d’être accompli, mettant en valeur la plus belle des structures de fer et de verre aujourd’hui encore debout en Europe. Des esprits chagrins constateront que 70 millions d’euros environ ont déjà été dépensés, mais à l’échelle de l’Etat, maître d’œuvre de ces travaux, cette dépense paraît non seulement aisément supportable, mais de plus indispensable. Prestigieux, mais onéreux ! Le nombre et la variété des manifestations qui se sont déroulées sous ce parapluie de fer et de verre sont impressionnants : le Grand Palais a accueilli les Salons de l’aviation, nautique, de l’auto, des arts ménagers, de l’enfance ; des concours hippiques, et plus près de nous, les Salons du livre, la Fiac, le Salon d’automne, la Biennale des Antiquaires, sans oublier de nombreux événements professionnels.
Le majestueux escalier de la nef est un beau compromis entre classicisme et Art Nouveau.
Photos : Meigneux/sipapresse