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Promenades sur les rives de l’impressionnisme


Les “grandes heures” de l’impressionnisme ont été écrites entre 1868 et 1878 dans quatre villages situés le long de la Seine, sur une distance d’à peine quinze kilomètres : Louveciennes, Croissy, Chatou et Argenteuil. Presque un siècle et demi après, nous nous sommes promenés sur ces berges mythiques à la rencontre de Renoir, Sisley, Pissaro ou Monet.


La célèbre terrasse de la Maison Fournaise a été restaurée avec soin, grâce à des fonds américains. Une bonne table sur les bords de la Seine.

Renoir peint “Le Déjeuner des canotiers” en 1881. Tous ses amis sont réunis : la famille Fournaise, le peintre Caillebotte (bras nus), l’homme d’affaires Charles Ephrussi (en chapeau haut de forme). Phillips Collection, Washington

L’esprit de l’impressionnisme est encore bien vivant le long de la Seine, il suffit d’aller le chercher par les bons chemins. Vous pouvez quitter Paris par le parc de Saint-Cloud, puis vous diriger vers Vaucresson et Louveciennes. Ensuite, vous descendez sur Bougival, traversez la Seine par le pont de Croissy et visitez l’île. Vous longez la Seine en traversant successivement Croissy, Chatou, Carrières. En rentrant sur Paris, vous pouvez aller jusqu’à Argenteuil, traverser la Seine sur son fameux pont, saluer sur la gauche le Petit Gennevilliers de Manet et de Caillebotte. Vous aurez une pensée pour Seurat en traversant Asnières. Que vous soyez amateur de plaisirs bucoliques, culturels ou plus prosaïques comme la gastronomie, essayez donc par une belle journée cette promenade impressionniste pleine de surprises, qui vous évitera de plus les cohortes de touristes de Giverny ou d’Auvers-sur-Oise…

Le pont d’Argenteuil, qui est maintenant au cœur d’une zone très urbanisée, plutôt polluée. Mais la lumière et la magie des reflets demeurent. “Le Pont d’Argenteuil” vu par Claude Monet en 1874. A l’époque, Argenteuil 
et Asnières accueillaient de nombreuses régates, ainsi que des baigneurs. Souvenirs, souvenirs…


LOUVECIENNES, L'ARTISTE
Louveciennes domine la vallée de la Seine et marque le paysage de son célèbre aqueduc. Au xixe siècle ce village est devenu un lieu de villégiature apprécié des musiciens (Saint Saëns, Fauré), des écrivains (Maupassant) et surtout des peintres : Renoir, Pissarro et Sisley y ont réalisé plus de cent-vingt tableaux !

Le château et le Pavillon de musique de la comtesse du Barry
Cet ancien Pavillon des eaux fut agrandi en 1769 par Madame du Barry, favorite de Louis XV. Le Pavillon de musique fut créé pour accueillir ses réceptions, et le parc fit l’objet de nombreux aménagements (rochers, cascades, ponts) destinés à enrichir la promenade de ce jardin à l’anglaise savamment désordonné. Sur les bords de la Seine à l’entrée du château on peut encore voir des lions et des cariatides sculptées.
Rue de la Machine.

Le château Beauséjour (l’actuelle mairie) et le château de Prunay (magnifique demeure du xviie siècle qui s’accompagnait d’une ferme et d’un pigeonnier) sont également à voir !

Le Musée promenade
Ce musée évoque Marly aux xviie et xviiie siècles ainsi que la demeure champêtre et originale de Louis XIV. Ses collections de peintures, de gravures et de mobilier font allusion à Mme du Barry ainsi qu’à Mme Vigée-Lebrun qui résida à Louveciennes au château des Sources. Une salle est également consacrée à l’histoire de la Machine de Marly et de nombreuses conférences sont proposées au public

BOUGIVAL, LA BOHEME
Bougival accueillit Bizet, Corot, Meissonnier puis Renoir. Au bal de la Grenouillère affluaient les canotiers et leurs amies parisiennes dont la vie insouciante a été figée par Renoir, Berthe Morisot et Monet. 

Le site de la Machine 
Depuis le pont routier de l’île de la Loge, on peut voir les anciens bâtiments de la Machine de Marly. Cet extraordinaire ouvrage d’art fut construit en 1681 pour envoyer les eaux de la Seine vers les bassins du château de Marly puis vers ceux de Versailles et devint un objet de notoriété mais aussi d’effroi à cause du bruit assourdissant des bielles. Si vous allez au sommet de la pente vous pouvez également apercevoir le Pavillon de musique de Madame du Barry construit par le grand architecte C.N.Ledoux en 1771 (il ne se visite pas).
Quai Rennequin Sualem. 

RUEIL MALMAISON, L’IMPERIALE
Cette ancienne ville impériale regorge de souvenirs et de coins secrets qu’il faut un peu chercher à cause de l’urbanisation actuelle. Sa notoriété est réellement due au château de Malmaison, haut lieu du souvenir napoléonien.

La Malmaison
En 1799, Joséphine de Beauharnais, l’épouse du général Bonaparte, achète le château et les 260 ha de Malmaison, qui offre aujourd’hui un des ensembles les plus complets de l’art du Consulat. Parmi les tableaux de Girodet, de Gros et de David, se distinguent le métier à tisser, la harpe et les services de l’impératrice qui était très attachée au goût néoclassique du début xixe.

Château de Bois-Préau
Acheté par Joséphine en 1810 pour y loger son médecin et ses invités, le château de Bois-Préau abrite aujourd’hui un musée où sont exposées les reliques de l’exil de Napoléon à Sainte-Hélène.

Les Promenades royales et impériales
Que diriez-vous d’un voyage dans le temps qui vous mènerait du château de Malmaison à celui de Versailles en passant par la Manufacture de Sèvres ou le parc de Saint Cloud ? Ces circuits royaux et impériaux sont proposés chaque été par l’Office du tourisme de Versailles (Tél. 01 39 24 88 88). La journée coûte 300 F en moyenne et s’accompagne d’un Déjeuner d’esprit Empire. CHATOU : LA VILLE des GUINGUETTES
Cette ville des canotiers et des impressionnistes a non seulement accueilli Renoir et ses amis, mais elle a aussi vu naître le fauvisme au xxe siècle grâce à Derain et Vlaminck. Avec son île, son pont et ses guinguettes, elle réussit à séduire encore beaucoup d’artistes et de citadins.

La Maison Fournaise
Cette maison appartenait à la famille Fournaise. Monsieur y louait des bateaux, Madame s’occupait du restaurant et leur fille Alphonsine – dont un portrait de Renoir est accroché à Orsay – soigne l’accueil de la clientèle… Au xixe siècle, le restaurant Fournaise hébergea de grands artistes comme Renoir, Caillebotte et Guy de Maupassant, séduits par les bords de Seine et l’ambiance festive de Chatou.
Cette ancienne guinguette abrite aujourd’hui le musée des Impressionnistes, aménagé au deuxième étage dans la partie garage à bateaux. De nombreuses expositions temporaires s’y tiennent chaque année. 

La Maison Levanneur
Cet ancien atelier de Derain et Vlaminck est devenu depuis 1997 le Centre national de l’estampe et de l’art imprimé. Il accueille aujourd’hui un grand nombre d’artistes en résidence et propose en continu des expositions d’art contemporain. 

CROISSY-SUR-SEINE 

Très active depuis le XVIIIe siècle dans l’exploitation maraîchère, Croissy conserve aujourd'hui quelques centres d’intérêt.

L’église Saint-Léonard du XIIIe siècle restaurée grâce aux bienfaits d’Anne d’Autriche et de François Patrocles, seigneur de Croissy au xviie siècle, elle fut acquise en 1896 par le peintre Poilapot qui y créa un petit musée. Elle sert aujourd’hui à de nombreuses expositions.

ARGENTEUIL N’EST PLUS…

Réputé pour ses cultures maraîchères (figues et asperges), sa vigne et ses paysages verdoyants, Argenteuil ne présente aujourd’hui que des traces bien éparses de son passé. La révolution industrielle a cassé le charme de cette commune qui inspira non seulement Boudin (Bassin d’Argenteuil) mais aussi Renoir, Caillebotte (Le Pont d’Argenteuil et la Seine) sans oublier Claude Monet (Vue d’Argenteuil, La Gare d’Argenteuil). 

La basilique Saint-Denys 
De style néo-roman elle a remplacé en 1866 l’ancienne église paroissiale du xiiie siècle. La Sainte Tunique y est conservée pliée dans un petit reliquaire et visible sur l’autel de la chapelle à droite du chœur. Il s’agit d’un manteau de laine sans couture, tissé sur un métier primitif et teint dans l’Antiquité. En 1931, cette relique a attiré plus de 500 000 personnes lors de son ostentation solennelle ! Des analyses à l’infrarouge ont révélé des traces de sang mais les polémiques sur son authenticité sont toujours d’actualité.
Petit village jusqu’à la Restauration, Asnières fait aujourd’hui triste figure comparée à l’époque des guinguettes et du canotage. Fort heureusement ses dix-sept squares et jardins éparpillés apportent de jolies notes de fraîcheur sur la ville. 

Le château 
En 1753, le marquis d’Argenson fit construire son château. Après bien des occupations, ce dernier a été racheté par le département des Hauts-de-Seine qui prévoit de le restaurer cette année. Ses portes ne s’ouvrent hélas que pour les Journées du Patrimoine mais sa façade vaut le détour ! 
INFORMATIONS PRATIQUES
  Le Musée Promenade
Grille Royale. Parc de Marly. 
Tel. 01 39 69 06 26

Le Musée de Malmaison
Avenue du château.
Every day except Tuesdays. 10.00-17.45. 5€. 
Tel. 01 41 29 05 55

Maison Levanneur
Tel. 01 39 52 45 35

Château de Bois-Préau
Thurs.-Sun. 12.30-18.30
5€.
Tel. 01 41 29 05 55

Marquis d’Argenson’s castle Saint-Denys Basilica
15.00-18.00. Every day except Tuesdays. 
Tel. 01 39 61 03 29

Le Château d'Argenteuil
89, rue du Château
Tel. 01 47 90 63 12.
   

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