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L’art emménage à la Maison ... rouge
On connaît à Paris quelques galeries dont les espaces permettent l’exposition d’œuvres monumentales (Yvon Lambert, Cosmic Galerie, dans le Marais, par exemple). Mais ici, en bordure du port de l’Arsenal, on frôle la démesure : derrière une façade, somme toute banale, du boulevard de la Bastille, la Fondation Antoine de Galbert a fait aménager l’un des plus grands espaces d’exposition privés de la capitale ! Plus de 1300 m2, répartis en quatre salles gigantesques. Pour son ouverture, samedi 5 juin, la Maison rouge vous révèle les univers de collectionneurs. Coup d’œil par le trou de la serrure !
Sur la rue, rien de spectaculaire : une librairie jouxte l’entrée (“habillée” par Jean-Michel Alberola), qui donne sur un café entourant un pavillon curieusement peint en rouge, où se trouvent les services administratifs de la fondation. C’est derrière, sur plusieurs niveaux que se déploient les locaux de l’ancienne manufacture de photogravure, succession d’espaces immenses, entièrement redessinés par l’architecte grenoblois Jean-Yves Clément.
Mélange des genres aussi : dans l’une des deux salles à manger, on découvre un harmonieux ensemble – chaises de Robert Wilson et table de Richard Peduzzi, sur une moquette d’Andrée Putman –, où s’intègrent des œuvres de Sigurdur Arni Sigurdsson, Didier Trenet et Erik Dietman, à côté d’une curieuse collection de céramiques ! Quant à l’espace reconstituant le grenier, il est sans doute le plus impressionnant ! Il contient en effet, comme un mini musée, cent têtes soclées, des reliques provenant d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et d’Amérique du Sud, ainsi que des objets cultuels et même des momies ! Vous comprendrez sûrement qu’avec des objets aussi “chargés”, le collectionneur ait préféré les “loger” un peu à part, au grenier… Dans cette promenade où votre œil plongera dans l’intimité de collections vivantes, vous verrez plus de 500 œuvres, de quelque 200 artistes, installés comme à la maison !
Des conférences sur le collectionneur et son univers sont prévues, notamment avec Gérard Wajcman (le 17 juin) et Jean-Pierre Criqui (1er juillet). A noter : cet automne, une nouvelle exposition mettra en scène la collection très contemporaine du Hambourgeois Harald Falckenberg (d’octobre à janvier). Ensuite, c’est l’artiste américaine Ann Hamilton (de février à mai) qui investira la totalité des lieux : quel défi !