© 2000-2008 BUZZ
Contre-culture : Le Palais de Tokyo
21 janvier 2002, c’était le grand rendez-vous tant attendu : l’inauguration des nouvelles salles du Palais de Tokyo, destinées à calmer la génération des baby-boomers face à une société qui s’embourgeoise, et se complaît dans le conformisme. Loin du slogan “sans toit ni loi” (leitmotiv de la révolution culturelle des années 60), avec l’appui de mécènes (Hennessy, Pioneer, Bloomberg, etc.) et quelques subsides du ministère de la Culture, voici mesdames et messieurs, le premier acte de la nouvelle scène underground et officielle de l’art à Paris.
Après une inauguration très officielle par Lionel Jospin et Catherine Tasca de l’espace de 4500 m2, place à la critique sans pitié de centaines de journalistes, galeristes, spécialistes d’art contemporain et autres aficionados plus ou moins branchés, qui pour rien au monde n’auraient raté l’événement. La première impression relève du chaos : une bombe aurait-elle explosé au palais de Tokyo ? Le plafond n’existe plus, les murs éventrés laissent apparaître briques, plâtres et tuyaux.
Et si l’art appartenait à tout le monde ? semble suggérer l’immense panneau à colorier de Jun’ya Yamaide. L’artiste a mis des centaines de crayons à la disposition des visiteurs : chacun y va de sa petite phrase, de son gribouillis, ou retrouve les joies enfantines du coloriage. Mais, pas question de déborder : un jeune couple d’artistes du squat de la rue de Rivoli, Kalex et Alex, apercevant un mur blanc mitoyen de la fresque, se mettent à le décorer. Le service de sécurité s’émeut, et nos deux artistes se voient contraints de tout repeindre en blanc.