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L’Hôtel : le passé revisité par Jacques Garcia
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L’Hôtel, un lieu chargé d’Histoire, récemment acquis par Jean-Paul Besnard, a été revisité de fond en comble par le décorateur à la mode, Jacques Garcia. Le pari était complexe : comment donner une modernité à l’un des hôtels mythiques de la capitale, sans en écorner la personnalité ?
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Colonnes de marbre rouge, tissus chaleureux, pièces intimes, bois chaud, spa tapissé de mosaïques bleues, ascenseur capitonné comme un boudoir… Expert dans l’art de retranscrire au présent les accessoires, soieries, décors et styles du passé, Jacques Garcia a fait de ce palace inhabituel un endroit cosy bercé de douceur. Tout en respectant les racines et en lui greffant un esprit… rétro-contemporain.
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| Il est vrai que l’Hôtel n’est pas un hôtel comme les autres. Depuis toujours, ce havre chaleureux a accueilli les plus grands noms de la littérature et possède une âme. Adresse fétiche des happy few cosmopolites qui se transmettaient ses coordonnées en initiés, cette maison de 1816 a, dit la légende, été construite à l’emplacement d’un pavillon qui abritait les amours discrètes de la reine Margot.
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Beaucoup plus sûre, historiquement parlant, est la liste dorée sur tranche, très Bottin mondain d’antan, des figures ayant fréquenté l’adresse. Mistinguett ne jurait que par son originale tour intérieure, Jorge Luis Borges adorait ses alcôves propices à la méditation et à l’écriture tandis
qu’Oscar Wilde y finit sa vie, laissant une dette de 2 643,40 F ainsi qu’une phrase restée célèbre: Je meurs au-dessus de mes moyens.
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Aurait-il imaginé, ce paria des bonnes consciences, cet exilé
d’Angleterre pour cause de mœurs jugées dissolues et amorales, que la chambre qu’il occupait deviendrait, un siècle plus tard, la pièce phare de sa dernière demeure ? Sans doute pas. Mais Jacques Garcia a tiré parti du gold gotha ayant transité au 13, rue des
Beaux-Arts.
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Aucune des vingt chambres n’est identique. Chacune possède sa propre personnalité, est remplie de meubles hérités du passé ou chinés chez les antiquaires. Toute de rouge tendue, ornée d’une fresque murale aux paons émeraude, meublée dans l’esprit fin de siècle si cher à son hôte, les murs parsemés de textes originaux de l’écrivain lui-même, la chambre Oscar Wilde s’ouvre sur la verrière du patio et donne envie de s’y laisser inspirer des romans rares.
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Plus délurée, la Mistinguett, très années trente, invite les clients à coucher dans le propre lit de la chanteuse, tout en miroirs Art-Déco, meuble offert par les héritiers de la star. On peut encore s’assoupir dans une chambre chinoise, où même la salle de bains se pare d’antiquités asiatiques, ou dans la petite Bambou dont le nom se passe de tout commentaire…
Mais dormir ne suffit pas. Aux délices du sommeil, l’Hôtel ajoute les plaisirs de la bonne chère.
Au restaurant Le Bélier, tenu d’une main de chef par Jean Achard, la cuisine se fait légèreté et saveurs. Salade de haricots verts et julienne de truffes blanches, Saint-Jacques en tarte fine avec sa chantilly de persil, filet de bar avec choucroute de fenouil ou daurade sauce café poivrée… Voici une nouvelle étoile à inscrire dans les agendas des Germanopratins d’autant que les tarifs pratiqués sont on ne peut plus raisonnables. De quoi confirmer la maxime
d’Oscar Wilde, qui semble s’appliquer à tout l’Hôtel : On peut céder à tout sauf à la tentation.
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