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Hey Mr DJ  / Le Nirvana : DJ Léoméo, trente ans

Depuis combien de temps es-tu derrière les platines ?
J’ai toujours baigné dans une ambiance musicale. Je suis né au Vietnam, où ma mère était choriste et danseuse. A deux ans, j’ai débarqué en Normandie pour suivre une éducation stricte et rigide dans une école privée. A l’école, c’était les cantiques et le classique et, à la maison, Boney M, les Bee Gees, Donna Summer, Madonna, tous les tubes des seventies.

Quelles sont les caractéristiques de ton style musical ?
J’ai tout de suite adhéré à la musique lounge avec un tempo tribal. Ma musique s’adapte tout à fait au Nirvana. C’est un mélange ethnique. L’Orient, le Moyen et l’Extrême-Orient, tous ces rythmes se marient à merveille. C’est grâce à mes voyages. Car, à l’âge de 17 ans, je suis parti sac au dos pour faire le tour du monde. Je crois avoir mis le pied sur tous les continents et découvert un grand nombre de cultures musicales. Au Nirvana, je commence cool. Puis, vers 22h, j’ajoute des percussions, toujours dans un style indo, iranien, arabisant. Vers 1h, le rythme tribal latina house prend le dessus, mais l’ambiance garde une chaleur
et une émotion très sensibles. Mon premier album, “Indochine Club”, sort fin juin chez Sony.


Quels sont tes modèles, tes icônes dans le domaine musical ?
Claude Challe m’a tout appris dans ses compilations du Buddha Bar. J’adore son style arabisant. C’est avec lui que je suis passé aux platines. J’aime beaucoup José Padilla, qui joue au Café del’Mare, à Ibiza. Il est le premier à avoir fait une compile en y ajoutant de la musique classique.


Comment l’inspiration te vient-elle ?
En voyageant et en étant perpétuellement curieux des autres. A Paris, je sors un peu, mais ce sont les autres cultures musicales qui me nourrissent.


Quels sacrifices cette vie de noctambule exige-t-elle ?
Aucun sacrifice. Avant, je brûlais la chandelle par les deux bouts. Depuis que j’ai appris ma séropositivité, j’ai un impératif : prendre mes médicaments tous les matins à 9h30 précises. Du coup, je suis devenu très
attentif à mon corps, je fais du sport, de la muscu, je ne bois pas, je ne fume pas, je vois ma famille et mes amis très souvent. Je suis devenu responsable !


Comment découvres-tu les nouveautés, et où achètes-tu tes disques ?
Je vais fouiner dans des petits bouis-bouis spécialisés dans
la musique indienne, asiatique ou turque. Je peux y rester des heures durant, j’adore ces sonorités et je trouve toujours des merveilles. Tuana Musique, 5, rue de Metz, dans le 10e, a un choix fabuleux de musique arabisante. Club News, 37, rue Saint-Honoré, dans le 1er, est très spécialisé dans la house. Lorsque je vais à Londres, je passe obligatoirement à Camdem Town. C’est vraiment la plaque tournante du lounge électro. Sans oublier la Fnac et le Virgin des Champs-Elysées pour leurs excellentes compiles de lounge.


Que penses-tu des “pirates” ?
Je suis pour : ça prouve qu’il y a un public et des fans. Entre Paris, la province et l’étranger, quelles sont les différences d’accueil ?
A Paris, les gens ont tendance à être blasés, exigeants, parfois même chiants ! Ils ne fonctionnent qu’à la tendance du moment. Une fois par mois, je mixe à l’Opéra Café d’Avignon. C’est génial, le public est super-réceptif et très ouvert. Peut-être que le fait de venir de Paris y ajoute une touche
de piment.


Entre DJ’s, on se refile des plans ou c’est chacun pour soi ?
Mes plans, je les garde ! En revanche, je fais venir des DJ’s au Nirvana.


As-tu un rêve ?
Apprendre le solfège et la musique pour composer des morceaux avec un orchestre symphonique.

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