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Hey Mister DJ ! - Le VIP Room : Dj
Peewee, trente ans |
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Peewee du VIP Room : il faut
savoir s’adapter et contenter la clientèle,
qui est très différente chaque soir.
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Depuis combien de temps es-tu derrière les
platines ?
La musique m’a pris en otage à seize ans et j’en ai trente ! Depuis, j’ai
bossé partout en France et à Paris, dans des clubs comme l’Opus Café, au
Réservoir, en soirées privées. Je peux dire que j’ai usé pas mal de
platines. J’ai aussi vendu des disques pendant trois ans en mixant tous les
soirs. |
Quelles sont les caractéristiques de ton style musical ?
Je fais de la house, voire de la techhouse, avec un son groovy.
Au VIP Room, il y a différents types de soirées. Les soirées Cathédrale, qui
ont lieu deux dimanches par mois, sont réservées à une clientèle gay. La
musique “buzze” fort, ça marche très bien. Très branchées, il y a aussi les
soirées DTPM, une fois par mois, dans un esprit très londonien. Le but est
de contenter la clientèle et de savoir s’adapter. C’est un très bon
exercice.
Quels sont tes modèles, tes icônes dans le domaine musical ?
Mes racines, je les ai puisées dans le funk et la disco. Je suis aussi fan
de Dr Dre, qui joue du hip-hop, de Pharelle, qui donne un son plus groovy,
et de Danny Terraglia, spécialiste de la pure house. Mon style est plus dans
l’esprit house de Terraglia.
Comment l’inspiration te vient-elle ?
Je m’adapte au lieu dans lequel je me produis, je regarde la salle. Tout
l’art du DJ est de bien “ressentir” son public. Lorsque je joue en Espagne
ou à Dubaï, la demande est différente. Jouer partout dans le monde est une
bonne façon de sentir les tendances.
Quels sacrifices cette vie de noctambule exige-t-elle ?
Le plus dur, c’est de garder une copine ! Vivre décalé n’arrange pas les
rapports. Du coup, j’ai adapté ma vie : je me lève relativement tôt (midi
environ) et je m’accorde une sieste – obligatoire – vers 20h-21h. Comme ça,
je suis sûr de pouvoir tenir toute la nuit. Ensuite, je dîne et je file au
club. Pas d’alcool, quelques cigarettes, du café et des jus d’orange, et la
pêche ne me quitte pas de la nuit ! Côté copains, ils sont en général dans
la musique. Donc, ils connaissent les aléas de ma vie professionnelle.
Comment découvres-tu les nouveautés, et où achètes-tu tes disques ?
Je suis fan de musique, j’essaie d’avoir une culture musicale complète. Tous
les vendredis entre 18h et 22h, où que je sois dans le monde, je me connecte
sur Radio One, via internet, pour l’émission de Pete Tong. Outre
le fait qu’il soit la référence en matière de DJ’s, c’est lui, le baromètre
de la house music dans le monde. Pour l’anecdote, il est venu en personne
chercher le single des Daft Punk, “One More Time”, pour le passer à
l’antenne avant tout le monde ! Ma boutique préférée est le Vibe Station,
57, rue du Faubourg-Saint-Antoine, dans le 11e. J’y ai d’ailleurs travaillé
pendant deux ans. Il y a aussi Sound Record, 6, rue des Prêcheurs, dans le
1er. C’est le “shop” numéro un pour les vinyles. A Londres, il m’arrive de
passer chez Black Market, car on y trouve absolument tout. J’y vais en
moyenne deux fois par mois faire mes achats. J’y reste jusqu’à 4 ou 5h, car
j’écoute tout avant. Et presque tout mon salaire passe dans les vinyles, en
moyenne 500 à 600€. Heureusement, j’ai aussi plein de potes dans
les maisons de disques. Ils me donnent pas mal de “white” et des imports
rares. C’est très appréciable !
Que penses-tu des “pirates” ?
C’est presque obligatoire !
Entre Paris, la province et l’étranger, quelles sont
les différences d’accueil ?
Evidemment, il y a une différence. Paris est plus élitiste. Il y a un
phénomène de mode, c’est devenu “branché et tendance” de mixer. Moi, je fais
ça par passion depuis le début. En province, le public est très ouvert, n’a
pas de préjugés. C’est parfois plus cool.
Entre DJ’s, on se refile des plans ou c’est chacun pour soi ?
A mon âge, je fais déjà partie de l’ancienne génération ! Les jeunes
arrivent avec leurs dents de loups. Aujourd’hui, ils sont beaucoup plus
intéressés. L’ambiance devient vraiment “business”, la musique passe presque
au second plan, c’est un peu dommage. Du coup, les relations sont parfois
“tendues”.
As-tu un rêve ?
Beaucoup de DJ’s arrêtent la nuit et font de la prod. Moi, je resterais bien
dans de la “nuit”, mais en ouvrant mon club. Travailler avec Jean Roch est
une formation top. D’ailleurs, j’ai un scoop : il revient aux platines et
prépare son album. Ensuite, il partira en tournée…
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