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Hey Mister DJ - L’Etoile : DJ Steven’s,
vingt-trois ans |
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Depuis combien de temps es-tu derrière les
platines ?
J’ai commencé à quinze ans. J’ai passé un bac Eco et un
BTS d’action commerciale. Une base essentielle pour bien négocier ses
contrats ! Très vite, j’ai réussi à me produire en disco mobile pour des
animations privées (mariages, anniversaires…). C’était “alimentaire”, mais
aussi une façon de se faire la main !
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C’est en juillet 2000, lors de
la soirée des Solidays à Longchamp, que ma carrière a véritablement
commencé. J’ai été élu “meilleur DJ amateur”, et j’ai joué devant 15 000
personnes. La machine était lancée.
Quelles sont les caractéristiques de ton style musical ?
Je jongle avec tous les types de house, R’n’B et funk. A l’Etoile, je joue
aussi bien en haut, au restaurant, qu’en bas. En début de soirée, je
commence “pépère”, et l’ambiance monte petit à petit. Donc, le son suit. Mon
but : faire plaisir aux clients, arriver à faire passer quelque chose entre
eux et moi. Je les observe, je me balade tout le temps dans la salle.
J’essaie d’être partout en même temps. Lorsque l’ambiance est là, je veux
aussi faire danser ceux qui restent assis.
Quels sont tes modèles, tes icônes dans le domaine musical ?
J’adore le Groove Armada. Ils sont deux et se produisent au Space à Ibiza.
Pour moi, c’est le top. Leur musique est un mélange de raga muffin, de deep
house… Ils savent tout faire, du hard comme du soft. J’aime aussi Master at
Work, composé de Keny Dope et de Little Louis Vega. Eux aussi se produisent
à Ibiza, au Divino, un club dans l’esprit de l’Etoile.
Comment l’inspiration te vient-elle ?
Je suis un boulimique de musique. J’écoute tout, j’essaie de tout savoir sur
les sorties, les tendances. Du coup, je “mixe” de façon différente. J’ai
aussi organisé un studio chez moi. Je compose les mix via l’ordinateur et
les instruments. D’ailleurs, j’ai des projets…
Quels sacrifices cette vie de noctambule exige-t-elle ?
Le monde de la nuit coûte cher ! Aussi bien dans la vie privée que dans la
vie professionnelle. Depuis que je suis à l’Etoile, j’ai changé de copine,
l’autre ne supportait pas ma vie décalée. Je ne vois pas souvent mes amis,
ni ma famille. C’est un choix personnel et mûrement réfléchi. Pour être au
top, j’ai un préparateur physique et je suis suivi par un nutritionniste. Ce
n’est pas que je veuille jouer la star, mais je veux travailler le plus
longtemps possible dans les meilleures conditions, avec une superforme,
aussi bien physique que mentale. Je ne fume pas, ne bois aucun alcool, je
carbure au jus d’orange. Etre DJ à l’Etoile impose une grande disponibilité,
un stress permanent et une pression de tous les instants, de 21h à 6h à
l’aube !
Comment découvres-tu les nouveautés, et où achètes-tu tes disques ?
Actuellement, j’écoute FG, qui diffuse une bonne sélection de groupes, moins
pointue que Nova, mais FG cite les labels ! Sinon, j’achète aussi à
Birmingham, chez Hard to Find Records, mais via internet. Leur site : www.htfr.com.
On trouve du matos, des accessoires et beaucoup de vinyles “top tendance”. A
Paris, je vais toujours chez Discoparnasse : 66, boulevard du Montparnasse,
dans le 14e. Michel connaît mes goûts et me fait une présélection des
nouveautés plus les “white” (albums “test pressing” des maisons de disques).
J’écoute chaque album, j’y passe quatre à cinq heures : je veux tout
entendre ! 98 % de mes dépenses se font chez Michel. En moyenne, 500 euros
par mois.
Que penses-tu des “pirates” ?
Je ne suis pas contre. Dans ce métier, si tu ne tournes pas, tu n’as pas les
moyens d’acheter des disques. Donc, tu n’es pas au top. Et tu te casses la
gueule. C’est une spirale infernale.
Entre Paris, la province et l’étranger, quelles sont
les différences d’accueil ?
A Avignon, j’ai mixé en DJ résident. C’était magique. Le public est très
réceptif, il aime que tu envoies du son, il te suit à 100 %. T’es un peu la
star qui vient de Paris. C’est drôle…
Entre DJ’s, on se refile des plans ou c’est chacun pour soi ?
Je profite de l’occasion pour remercier DJ Lordood (ancien résident de l’Etoile),
qui m’a donné ma chance et m’a toujours soutenu. Il faisait partie du jury
aux Solidays et, sans lui, je ne serais pas là aujourd’hui. Je lui refile
des “plans”, c’est un plaisir de bosser avec lui. Sinon, avec les autres,
c’est un peu chacun pour soi…
As-tu un rêve ?
Je suis flemmard, j’aime la nuit et je ne suis pas du matin.
Je me verrais assez bien à la place de Tony Gomez !
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